martes, noviembre 30, 2004

Entre estéticas y estáticos

Peut-on convaincre quelqu’un de la beauté d’une œuvre d’art ?


Le fait de convaincre une personne de la beauté d’un objet, ne pas seulement d’une œuvre d’art, présuppose l’utilisation des règles objectives qui font appel à la rationalité. Alors, on doit d’abord différencier le fait de convaincre quelqu’un au fait de persuader quelqu’un. La persuasion est l’action de toucher la sensibilité d’autrui, tandis que pour convaincre je dois argumenter, alors utiliser des moyens liés aux normes, aux règles rationnelles. Et lorsque je m’engage à convaincre un autre ça signifie que mes arguments ne seront pas fondés sur mon expérience sensible et première face à l’oeuvre, sinon, évidemment, qu’ils dépendront d’un affrontement rationnel et secondaire. Donc tout approchement purement sensible et spontané échappera de la rationalité et par conséquence de toute explication logique et il sera considéré comme subjectif. Et si on affirme que la Beauté est avant tout objective, alors l’affrontement premier et « l’expérience de frappement » devront être supprimés, une action qui nous amènera à une analyse minutieuse de l’œuvre et à un jugement esthétique mécanique et manquant de sensualité. D’où on se demandera si la beauté ne doit s’atteindre aussi par la sensibilité, ce qui amène à penser que la Beauté est subjective et par conséquence pas universelle.
Un affrontement présuppose une rencontre avec l’objet ou l’œuvre en question, c’est-à-dire qu’on s’aurait déjà présenté face à l’objet avant de convaincre un autre. Mais la première fois qu’on se trouve face à l’œuvre, ne sera pas la même que lorsqu’on se trouve face à sa beauté, car lors de la deuxième on fera simultanément appel à la rationalité. L’affrontement rationnel, donc objectif, aurait éliminé le premier affrontement avec l’œuvre, car il sera purement sensible et naïf et tout jugement esthétique, qui le succédera ou qui se produira de façon concomitante, sera seulement subjectif et impressionniste. Par conséquent le véritable affrontement avec n’importe quel œuvre, même celles des mouvements Romantique ou du Expressionniste, devra être purement liée à la raison, et il ne sera jamais le premier, d’où l’atteinte de la beauté de l’œuvre annule tout rencontre, tout affrontement spontané. De là, si l’affrontement est objectif, il devra être aussi universel.
L’objectivité de la rencontre suffira pour argumenter et convaincre cet autre. Si la rencontre de la personne qui convainc a été universelle, cela signifie que la rencontre d’autrui face à l’œuvre sera la même que celle du premier. Mais cet autre devra être capable de se dégager de sa subjectivité avant de se rencontrer avec la beauté de l’œuvre, c’est-à-dire de pouvoir atteindre la beauté qui réside chez elle. Alors, le travail de convaincre sera de dévoiler les capacités rationnelles de cet individu et une atténuation des capacités sensibles qui sont liées à l’expérience personnelle et première de cet individu lorsqu’il a eu sa rencontre avec l’objet beau ---il faut différencier la rencontre avec l’œuvre belle et avec la beauté de l’oeuvre. Convaincre sera dévoiler la vérité, pas imposer une subjectivité. Donc, la rencontre avec la beauté ne s’atteint que par l’intelligible. La connaissance suppose alors un travail préalable, c’est-à-dire que lorsque nous sommes face à l’œuvre nous aurions du passer par des étapes de rationalisation, étapes qui nous aurions été présentés par l’individu qui nous convainc.
Le besoin de subir plusieurs étapes indique que la beauté est inaccessible par un individu commun et dépourvu d’une capacité logique. Alors, atteindre la beauté ne dépendra seulement de la personne qui s’engage à convaincre, sinon il dépendra des capacités d’autrui. Tout travail de conviction deviendra inutile lorsque l’autre ne peut pas accéder à la beauté. Au-delà qu’on puisse parler d’une « subjectivité », car ce n’est pas la beauté qui es subjective, sinon c’est la rencontre avec elle qui devient temporelle. Alors, tous sont capables d’atteindre la beauté, mais tous ne l’atteindront au même temps, l’atteinte dépendra de chaque « sujet ». Pour quelques uns la rencontre sera plus immédiate et pour d’autres pas. Alors, la possibilité de convaincre sera toujours possible, il faudra juste que les arguments posés soient des guides pour les cheminements vers la rencontre. Mais cette affirmation continuerai à annuler l’idée de que la beauté s’atteint lors du premier contact avec l’œuvre d’art, car pour les plus doués sera retrouvé lors de la première fois, mais pour les autres pas. Ce qui nous amène à affirmer que la beauté d’une œuvre d’art ne sera atteinte que par quelques uns, ceux qui seront capables de trouver la beauté au moment de sa connaissance de l’œuvre, mais on pourra se demander s’ils ont eu accès à cette beauté à cause de sa capacité rationnelle ou bien grâce à sa capacité de frappement et de jugement esthétique spontanée.
Cependant, si la rencontre avec l’objet beau n’est pas valable, comment expliquer que la beauté d’une œuvre lorsqu’on la regarde par la première fois puisse nous frapper ? Si on essaie de convaincre quelqu’un on éliminera son expérience première et par conséquent sa réaction et pensées premières. Cette suppression obligera au spectateur, au lecteur, etc. de voir sa naïveté disparaître et il ne deviendra pas plus sage sinon, plus mécanique, plus technicien. Il verra la Beauté pas comme une expérience qui arrive à notre sensibilité et qui nous bat, sinon il la verra comme un ensemble de règles et des normes. Les arguments qui nous seront présentés à fin de nous convaincre nous amèneront à une vision utilitaire de l’œuvre ce qui aura par conséquent de nous empêcher de voir sa beauté : « la beauté est la forme de la finalité d’un objet en tant qu’elle y est perçue sans représentation de fin » (Kant, La critique du jugement, p.67). On verra dans les couleurs d’un tableau une série des règles de contraste, de clair-obscur, d’harmonie optique et on s’éloignera de la beauté en elle-même, ce jugement froid et entièrement rationnel ne nous permettra de trouver aucune beauté sensuelle. Imaginons, par exemple, qu’on regarde par la première fois un tableau abstrait du peintre Kandinsky, on sera d’abord illuminés par la beauté de la toile, même si on ignore tout sur sa technique, sur les règles qui lui donnent sa beauté.
La rencontre, qui sera sensible, avec l’œuvre devra suffire pour atteindre cette beauté. Une beauté qui échappera de toute explication rationnelle et au-delà viendra sa beauté même. Une beauté trop observée, trop décomposée et examinée termine pour nous exténuer et disparaître à nos yeux –même si elle continuera à exister, elle se cachera et ne sera pas perçue par l’être humain. Alors, le travail de convaincre ne finira que par nous faire observer la laideur de la beauté de l’œuvre : un objet qui s’observe trop finit par nous paraître laid. Admettons qu’on est en train de décomposer la technique d’un tableau de Botticelli, lorsque nous dégagerons toute sa technique nous observerons qu’il existe un défaut par là, puis un autre, puis un autre et finalement on trouvera la toile laide. Car même si la beauté ne suppose pas perfection, trop d’imperfection suppose laideur. L’expérience première qui aurait pu être de plaisir se verra remplacée par celle du déplaisir, et alors elle ne sera plus l’initiale, ce qui nous amènera encore au problème de l’approchement rationnel et deuxième.
Et bien que l’expérience de rencontre avec l’œuvre soit personnelle et première, la rencontre avec sa beauté ne sera pas subjective, car on saura différencier entre le goût et l’essence de la Beauté. Une œuvre d’art nous plaira parce qu’elle es belle en principe, mais elle ne sera pas belle parce qu’elle nous plait. Le sentiment de plaisir qu’on puisse éprouver lors de la rencontre avec l’œuvre n’annulera pas notre jugement esthétique, c’est-à-dire qu’on pourra subir du déplaisir et en même temps la beauté être présente. Le jugement esthétique surgira dès la première fois qu’on regarde un tableau, la beauté nous frappera puisqu’elle est universelle. Cependant, même si elle vaudra en tout temps et en tout moment, elle nous frappera des diverses formes et entièrement subjectives. Donc, tout être humain sera frappé par la beauté, mais il sera frappé d’une façon ou d’une autre. Par exemple, il peut se passer qu’une sculpture plaise à mon voisin et pas à moi, et qu’il trouve la beauté de l’œuvre lors du plaisir et que je la trouve lors de la répugnance. Alors, il sera impossible que mon voisin essaie de me convaincre de la beauté de l’œuvre, car ses arguments seront basés lors de son expérience de satisfaction, une expérience tout à fait étrange pour moi. Donc, « l’expérience de frappement » reste subjective et incommunicable.
Même si la beauté frappe notre sensibilité et se présente sous la forme des êtres et des objets tangibles, elle ne reste dans le monde sensible, alors elle ne peut pas être enfermé dans une liste règles qui font signe de sa présence. La beauté d’une œuvre d’art a un caractère divin, elle ne peut pas être expliqué rationnellement, ni être touchée, elle se présente dans l’œuvre mais elle est extérieure à elle. Cette beauté enfermée dans une toile, une sculpture existe, peut être sentie et appréhendée. Alors, tout essaie de nous convaincre deviendra futile, car ainsi comme l’existence d’un Dieu reste en dehors de toute théorie rationnelle, de même l’existence de la beauté reste inexplicable. Les tentatives de l’expliquer ne feront que l’approcher à notre humanité, elle deviendra peut-être plus proche de nous, cependant on risquera de la perdre de vue, car on se regardera en premier pour essayer de la comprendre. La beauté n’est pas alors contingente, elle est. Sa contingence nous démontre qu’elle ne peut pas être fondé sur des arguments et sur des idées rationnelles et purement humaines, puisqu’elle risquerait de ne pas être.
Essayer de convaincre quelqu’un de la beauté d’une œuvre d’art sera un effort inutile. Il faut mieux se confronter avec l’oeuvre et arriver à différencier le goût de la Beauté, en elle-même et par elle-même. Le travail de rationalisation sera un travail qui dépendra du travail sensible, ainsi que inversement. La connaissance jouera, bien sur, un rôle important, mais il sera primordial le premier approchement avec l’œuvre. Un approchement ou une confrontation qui ne nous expliquera l’existence de la beauté, car comme on a dit elle reste sans s’éclaircir, mais qui nous permettra à partir de notre expérience subjective de plaisir ou de déplaisir, de nous laisser « frapper » et atteindre cette beauté objective. Néanmoins, si la beauté est objective et par conséquent elle « est », comment pourra-t-on expliquer qu’elle se présente à travers des objets tangibles et contingents ? Elle existe en dehors de ces objets, mais si ces objets n’existent pas, à travers de quoi pourrait-on l’atteindre ?

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